29 janvier 2014

Arsène Lupin contre Herlock Sholmès - Maurice Leblanc

lupinBon je crois que le rythme ici restera d'un article par mois, j'arrive pas à faire plus. Pourtant je lis plus...
Vous n'aurez jamais vent d'une grande partie de mes lectures, tant pis.

Et aujourd'hui on va s'attarder à Arsene Lupin contre Herlock Sholmes de Maurice Leblanc.

Quatrième de couverture

Arsène Lupin contre Herlock Sholmès ! L'homme qui défie toutes les polices françaises contre l'as des détectives anglais.« C'est justement quand je ne comprends plus que je soupçonne Arsène Lupin », avoue le célèbre limier anglais. Quand deux hommes aussi intelligents s'affrontent, leur duel est un grand spectacle.Qui a volé le petit secrétaire d'acajou contenant un billet de loterie gagnant ? Qui a volé la lampe juive, le diamant bleu, joyau de la couronne royale de France ? Qui joue les passe-murailles en plein Paris ? Arsène Lupin, toujours lui, l'éternel amoureux de la Dame Blonde, plus insolent, plus ingénieux que jamais, déjouant une à une toutes les ruses de l'Anglais par d'autres ruses plus étonnantes encore.

 


Ce que j'en ai pensé

Alors déjà il faut savoir que j'en avais lu deux-trois critiques particulièrement élogieuse, je m'attendais donc à du grand art, un beau combat, un Sherlock (parce que bon Herlock = Sherlock bien sur) au top de sa forme, un Lupin tel que dans mon imaginaire et un Watson pas trop relégué au second plan.
Autant vous dire de suite que j'ai été très déçue par ce torchon!

Bon déjà ma première erreur a été de croire qu'il s'agissait d'un livre écrit par un illustre inconnu. N'ayant jamais lu d’Arsène Lupin avant j'ignorais, en bonne réfractaire aux auteurs francophones que j'étais, que Leblanc était le papa de Lupin. Je m'attendais à une écriture contemporaine ou qui au moins n'aurait pas trop mal vieillit, mais ce ne fut bien entendu pas du tout le cas.  Leblanc a vécu au début du siècle et ça ce sent! Notez bien que Conan Doyle aussi et que pourtant je suis une grande fan de son œuvre. Disons juste que les deux ne sont pas comparable, l'un ayant été un grand artiste reconnu à juste titre et l'autre un petit auteur qui se prit pour un grand.

Peut-être devrais-je aussi préciser qu'en plus d'être une grande fan de Conan Doyle je le suis aussi, et surtout, de Sherlock Holmes, qu'il s'agisse des récits originaux (que je n'ai pas encore tous lu, je l'admets) aussi bien que des adaptations plus récentes (enfin pas toutes non plus, mais les principales diront nous).

Dans ce roman, enfin les deux histoires qui le composent, Lupin mène la danse, évidement. Il a toujours une longueur d'avance sur le détective et ce sans que ce ne soit jamais plus développé que ça. On va se retrouver sans arrêt face à des situations du genre "Oh la la, Lupin est acculé mais comment va-t-il pouvoir s'en sortir? Oh ben il y a une porte cachée bien sur et POUF le voilà qui disparait" ou encore "Tiens ces personnes ressemblent quand même grave à celles du signalement que j'ai reçu... Mais bon ça peut pas être elles, elles sont pas sorties par la bonne porte."
Je vous passe aussi le dénouement final qui est RI-DI-CU-LE! Qu'on se joue des policiers dans ce genre de série c'est normal (!) mais qu'on considère que 500 d'entre eux sont aussi CONS, parce qu'il n'y a pas d'autre mots pour ça, c'est juste du foutage de gueule. Pas un seul n'a pensé que Lupin était en train de faire CA? Sérieux? J'étais sur depuis le début du chapitre que ça allait se terminer comme ça, et je peux vous assurer que je suis loin d'avoir les capacités de déduction de ce bon monsieur Holmes. Mais bon forcément l'histoire n'a pas été écrite par l'homme qui a donné son intelligence au détective anglais mais bien par un usurpateur qui se contente d'expliquer ses feintes par un "En fait Lupin est partout, il voit tout. C'est presque un magicien quoi! Trop cool. Yolo."

Les explications qui viennent après coup sont risibles et tellement... improbable.
Ce que j'aime dans un policier c'est de me dire "Oh mais ouiii! C'est tout à fait possible-réaliste-incroyable mais tellement bien amené". Si je veux voir des héros s'en sortir grâce à la magie je lis un livre de fantasy! Ou un livre pour enfant à la rigueur. Des explications de merde comme il en pleut à la fin de ces deux histoires ce ne sont, à mon gout, pas des explications de romans policiers. Tout au plus des bafouillages écrit tel qu'on pourrait en rencontrer dans la rédaction d'un élève du secondaire pas trop bien réveillé.

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L'image que j'avais de Lupin, celle du Edgard Cambriolleur de mon enfance, n'avait rien de commun avec le Lupin arrogant que j'ai découvert dans ce roman.

Une autre chose que j'ai exécré dans ce livre c'est ce que l'auteur à fait du personnage de Watson (devenu Wilson pour l'occasion). Déjà il apparait comme un crétin fini alors que ce n'est absolument pas le cas dans l’œuvre de Conan Doyle. Un petit gros stupide et heureux de servir de faire valoir qui va sortir connerie sur connerie. Jamais un homme de la trempe de Sherlock, ou même de ce décérébré vaniteux d'Herlock, ne se serait lié d'amitié avec l'idiot du village tel qu'il est représenté dans ce livre. Aussi, de toutes évidence, ce personnage dérangeait atrocement Leblanc vu que dans les deux nouvelles il se retrouve alité et dans l'incapacité d’enquêter avec son ami, très (trop) rapidement. Je l'ai vraiment ressentit comme un "Boooon, il fait chier le débile. Je suis un peu obligé de le mettre vu qu'il est toujours dans les histoires du rosbif mais il m'inspire méga trop paaaaas. Bon je vais lui coller une balle dans le bide. Hop 3 mois d’alitement obligatoire et vas y qu'on n'en parle plus."


Aussi, je ne sais pas à quel moment nous sommes censé trouver Lupin charmant. Dites moi si je me trompe mais il est bien censé être "le Gentleman cambrioleur" non? Alors pourquoi est-ce qu'à moi il m'a juste semblé être une petite raclure, un briguant sans foi ni loi qui utilise les gens de son entourage pour sa pomme? Un égoïste, un parfait connard, une racaille dont on aurait bien raison de se débarrasser une bonne fois pour toutes?
J'ai trouvé ce personnage antipathique au plus haut point! Ça m'était rarement arrivé.
Alors bien sur à la fin on apprend qu'il n'a pas commis ces affreuses choses dont on l'on accusait. Enfin, pas toutes. Mais bon ça n'en reste pas moins un voleur qui vole pour lui, juste pour lui et rien que pour lui. Pas du tout un Robin des Bois ou autre bienfaiteur anonyme ou non.
Bon c'est peut être le cas dans un autre des ses romans, je ne dis pas, mais je ne le saurais jamais. Parce que je n'ai aucune espèce d'envie de m'infliger à nouveau une telle lecture.

J'ai aussi lu que le papa de Sherlock a désapprouvé cette histoire quand il en a eu vent, ayant peur que Leblanc ne dénature et ne ridiculise son personnage. Hé ben honnêtement ça se comprend!
Heureusement l'histoire, pour une fois, aura d'avantage retenu Sir Arthur que son acolyte français. Et ça c'est une bonne note de fin malgré tout.

Points forts : Contrairement à la première nouvelle, qui elle n'a rien du tout pour elle, la seconde se laisse lire, même si la fin est plus téléphonée qu'aucune autre.
Points faibles : Une fois qu'on sait que c'est le créateur de Lupin qui écrit l'histoire on sait qui va gagner à la fin. Parce que Lebanc n'était visiblement pas capable de mettre son égo de coté en écrivant cette histoire. Et que son héros doit rester son héros. Tout le monde n'est pas capable de faire dans l'autocritique/dérision.
Nombre de tomes : Un seul. Heureusement.